Recueil #1 Partie 2: Amours

#1

Une jeune fille qui sagement attend
Silhouette s’imprimant subrepticement
S’imposant telle une évidence
À un esprit lent
 
Cette femme désormais qui vous sourit
Quand parfois vous la surprenez
Silhouette toujours incrustée
Comme la garantie d’un Amour sans
 
Fin
 

#3

Un jour une jeune fille 
M’a remis un dessin
Qui me parlait d’ailes d’hirondelles
Et de coeur pour m’aimer
 
Et si aujourd’hui
Son coeur à elle
S’est enfuie
Avec l’hirondelle plus haut
Citée
Je ne puis m’empêcher 
De penser à elle tendrement
La remerciant pour son amour 
 
Printanier
 

#5

Douceur 
De la mer en furie
Quiétude 
Des vagues se brisant sur le granit
Apaisement 
Des tombereaux d’embruns sur les quelques passants
 
Furie 
Des couleurs gris bleu et vert dures et froides
Colère
Du ciel illuminé par le soleil rasant d’hiver
Tourment
Du contemplateur béat devant
 
La
Beauté
 

#7

Comme par hasard 
Il pleuvait ce jour là
Tout ce que tu aimais
De même que le chant des oiseaux
L’emplacement face à la campagne verdoyante
En surplomb pour que tu l’admires bien
Ça a du te faire marrer.
 
Pas moi je dois avouer
Je me souviens encore
De mes grosses larmes salées
Sur mes joues rebondies
De ma culpabilité
De ma tristesse.
 
J’aime l’idée cependant que
Ta revanche arrive
Car bientôt, pfuitt,
Disparues les vertes prairies
Les oiseaux gazouillant
Le retour de la civilisation
Béton et avions
Que tu aimais tant.
 
Juste pour finir
Je voulais te remercier
Avoir un trompettiste 
A son enterrement 
Qui joue les « Oignons »
C’était
 
Une chouette idée.
 
 

#11

Sur l’herbe douce de la prairie
Courons doucement
Jusqu’au chêne vénérable en son milieu
Posons nos douces mains
Sur son tronc rugueux
Contemplons sa frondaison
Et juste émerveillons-nous
 
De ce qu’il est
De ce que nous sommes
Ouvrons les yeux
Soyons
Conscient
 
Pour
Une fois 
 

#13

Le problème du concept
Du dieu 
Unique
C’est justement qu’il est
Unique
Du coup pour les histoires de famille
C’est plus compliqué
 
Alors que le Panthéon grec
C’est drôlement balaise 
Prenez un hipster east coast
Qui délivre ses frères et soeurs
Avalés par leur père
S’empare du pouvoir
Épouse sa soeur
Même Game of Thrones
N’aurait pas osé
 
Coureur de jupon patent
Femme jalouse et psychopathe 
Enfants à tous les vents
Qui eux mêmes se disputent 
La faveur de papa, maman ou des
Hommes
 
Mais eux
Bizarrement
Ne revendiquent rien
Au nom de leurs dieux 
Pas de guerre de religion
Pas de conversion forcée
Ni de Sainte Inquisition
Pas de vierges au Paradis
Après explosion
Ni de décapitation
 
Alors à bien y réfléchir
La Chine a bien fait
De revenir sur sa
Politique de l’enfant
 
Unique

#14

Nous sommes jeunes
Dans nos corps 
Et notre couple
 
Nous sommes vendredi soir
Et roulons dans la ville
Un peu déserte
 
Nous sommes fou
Enfin moi
Sinon de notre amour
 
Nous devisons
D’un coup LA question
Et…embardée
 
Nous sommes trop jeune
Me dit-elle
Peut-être
 
Un
Jour

 

#15

Parcourir un ria
Et au détour du chemin
Juste contempler
En laissant ses 
Émotions 
Guider son regard
 
Au delà de la netteté
De l’image
L’atmosphère diffuse
D’un soleil rasant
Embaume le spectacle
D’une douceur crue
 
Puis s’imposent les formes
Enchevêtrées 
Déstructurées
Mais presque posées 
Délicatement 
Dans la vase affleurant
 
Le bois pourrissant
Silencieusement
Et le métal hurlant 
Dans sa rouille
Redonnent corps
À la réalité
 
Qui pourtant 
S’estompe encore
Dans les courtes 
Nappes de brume 
Au pied des roseaux
Véritable Sfumato
 
Et on ressent une infinie
Tristesse
Lorsque l’on comprend 
Ce qui repose 
Presque lascivement
Entre Terre et Océan
 
Bientôt nos pas
Reforment la marche
Un détour, encore
Et dès lors
Rien que le souvenir
Qui s’estompera
 
De
 
Ce
 
Cimetière marin
 

#16

De la naissance d’un Amour
On ne se souvient 
Avec tendresse 
Que du bonheur
De la plénitude
De l’euphorie
 
Mais qui garde en mémoire
La torture 
De l’incertitude ?
Qui ressent encore 
En ses chaires 
La meurtrissure 
Du doute ?
Ou de la douloureuse
Mise à nue de 
L’annonce 
Prémices à l’implacable
Vérité ?
 
Peut-être suis-je le seul
À qui le rappel de ces
Instants
Emois d’adolescent
Jeune adulte
Noue 
Encore 
 
L’
Estomac

 

#17

Parfois
Simplement s’allonger dans l’herbe
Lors d’une nuit d’été
S’allonger
Et laisser son regard errer
 
D’abord
Prendre le temps d’embrasser
L’immensité céleste
D’un regard 
Désorienté
 
Puis
Se concentrer sur
Chaque point lumineux
Laisser le cerveau
Effectuer la focale
 
Pour
Se laisser 
Submerger
Se laisser
Aspirer par 
 
L’
 
Infini Univers

 

#19

La ville s’endormait
Et j’en n’oublie le nom
Et peu à peu ils 
S’infiltrent
Prenant position
Discrètement.
 
Au petit matin brumeux
Sur la place de la mairie 
Déserte et humide
Leur chef
Un poney shetland nain
Prend officiellement
Le pouvoir
 
De partout
Alors
Les équidés
S’imposent
Et derrière l’élite 
Des Shetlands
Toutes les races 
Gros bretons de traits
Boulonnais, normands
Fins mustangs
Indomptables arabes
Trouvent
Leur place
Dans le nouvel ordre.
 
Pour l’Homme 
Fini le bifteck de cheval
Le steak à cheval
Et même les lasagnes
Mais finalement
Seuls les dirigeants
Sont bien peinés
Le commun des mortels 
Plutôt satisfait
De ce changement
Les sondages 
Sont formels
 
Pourtant bientôt des
Dissensions 
Apparaissent au
Sein de cette nouvelle 
Société
Car certains s’interrogent 
Les zébres
Font-ils partis 
Des nouveaux 
Dominants
 
Alors à Valladolid
Une conférence est
Convoquée
Afin de débattre
De l’épineux problème
De l’âme supposé
Du zébré cousin
Et on décide que pour lui
C’est OK
 
Mais hors
De question 
D’accepter
 
L’
 
Okapi

 

#20

Je n’ai pas de rose
A défendre contre les 
Tigres
 
Pas de 
Renard à
Apprivoiser
 
Et aucun aviateur
En panne
À embêter
 
Alors je me 
Sens parfois
Nul
 
Puis je me souviens
Que je maîtrise plutôt bien
Les boas ouverts et fermés
 
Du coup 
Je 
Reprends
 
Confiance

 

#21

Vent
Pluie
Tempête
Ô bonheur
De la promenade
Mouillé
Presque frigorifié
 
Vent 
Pluie
Tempête
Engoncé en ses
Bottes en caoutchouc
Plaisir enfantin
De patauger 
 
Vent 
Pluie
Tempête
Entravé par ses
Quatorze pulls
Et son cirée
Jaune
 
Vent
Pluie
Tempête
Mais 
Heureux
De la simplicité
De la situation
 
Vent 
Pluie
Tempête
Enfin rentré
Au chaud
Accolé
À la cheminée
 
Vent 
Pluie
Tempête
Mais dehors
Nous cette fois-ci
Protégé par
La grande maison
 
Vent 
Pluie 
Tempête
Et encore ce plaisir 
Remonté de l’enfance
Soufflé sur 
 
Sa tasse de
 
Chocolat
 
Brû-
lant

 

#22

Nous sommes 
Moins jeune 
Aujourd’hui
 
Et dans nos corps 
Nos têtes
Et notre Amour
 
Nous sommes
Toujours dans 
La même voiture
 
Moins de folie
Plus de confort
On s’embourgeoise
 
Mais encore des
Embardées
Sans pour autant
 
Nous faire
Changer
De
 
Direction

 

#24

Il est là, face à sa toile
Puissance humaine devant le néant
Divin Apollon créant son destin
 
Il est là, face à lui-même
Torturé et serein
Bouts de vie à projeter
 
Il est unique
Multiple
Déchiré de l’âme
Ancrées en sa chair d’
Innombrables fragments
De vies effilochées
La sienne, celle des Autres
Atlas ployant sous la
Voûte de sa culpabilité
De sa destinée
Laminé par des forces
Hors de son temps
La Tour à l’horizon
Son supplice de Tantale
 
Il est là, face à sa toile
Expulsant couleurs et formes
Mortel donnant vie à l’éternité
 
Il est là, face à lui-même
Destructeur dans la création
Lui si fragile, sa peinture
 
Si
 
Forte

 

#25

2016 
Califourchon
1690
Califourchon
1611
Callifourchons
1550
Calfourchons
1262
Caleforchies
 
Probablement du 
Breton
Kall:
Testicule
J’adore cette
 
Langue
 
 

#27

 

Plantée au milieu du décor
Elle gît
Fleur sans vie
Déjà
Aux milles bourgeons
Qui dans la lumière crue
Dessinent des ombres
Aux bords à la fois
Nets et déchiquetés
Tranchants 
Comme cherchant à
Vous happer
De l’object initial
On a du mal à reconnaître
La fonction première
Des Hommes
Nombreux
S’affairent 
Autour de cette corolle
Quasi surnaturelle
Qu’ils doivent forcer
Comme la pucelle
Le fit d’Orléans
Ils manient des outils 
À la limite du naturelle
Eux aussi 
Pour dépecer la
Beste
Enfin l’homme 
Fidèle conducteur de sa machine
En est extrait
Libéré
Et offre à ses sauveurs 
Au milieu de ces volutes 
d’activité incessantes
Son dernier souffle
 
Ailleurs
Au sein de la ville
D’un immense bâtiment
Laid et fonctionnel
À la fenêtre d’une chambre
Froide et stérile
Reflet intérieur de
L’enveloppe
Mimétisme troublant d’un 
Architecte dépassionné
À la fenêtre donc
L’ombre frêle de la femme
Semble s’affaisser
Et trembler  d’un 
Ronronnement maléfique
Elle a compris
Avant tous avant que la
Technologie ne l’informe
Qu’il est parti
Avant elle
Qu’il a menti
Alors elle n’a plus 
Peur
Elle sait 
S’allonge sur son lit
Seule
Dans cet univers
Où des machines
Ecosystème autonome
La surveillent 
L’assistent
Et offre à leur éternité
Silencieuse
Son dernier 
 
Souffle

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