Recueil #1 Partie 1: Haines

HAINE

 

#2

Troupeau sans fin 
D’êtres humains
Troupeau têtu
Sûr de lui dans sa supériorité
De l’histoire
Il ne retient que les pieds nus cornés
Les caligulae, les bottes ferrées
Écrasant avec fierté 
Mais minutie
La fleur de la compassion
Recommançant
Les mêmes massacres
Troupeau sans fin
D’êtres humains
 

#4

Symptomatique 
Pensée vaine
Être humain
Conscient
De quoi ?
De son néant
Mais jamais
N’osant se l’affirmer
Où quand il le fait 
C’est pas exprès
Alors il crache
Sa pseudo conscience
Supérieure
Vaniteux et 
Si fier de lui
Paon paradant
Ne voyant 
Pas 
 
Le renard
 
Bondissant
 
 

#6

Page Blanche
Mots se bousculant
Pas d’inspiration
Aux milles idées
Pas d’angoisse
De la colère
A ne pas…
Réussir
Aligner 
Deux mots
Electro-
Encéphalo-
 
Gramme
 
Plat
 
 

#8

Peur 
Qui vous paralyse
Peur
Qui vous plonge dans l’effroi
Peur
Qui vous fait vous dévaloriser
Peur
Qui vous empêche de réfléchir
Peur
Qui vous faire faire n’importe quoi
Peur
Qui vous gâche la vie
Peur
J’ai peur de toi 
J’ai peur de moi
 
Et je te hais
Et je
 
Me hais
 

#9

À tous les cons de la Terre
Je dis « bon voyage en Enfer ! »
Pour ma part, j’ai déjà
 
Mon 
Ticket…
 

Yrch et Stéphane(termA11993)

#10

La pluie lourde et noire
S’abat 
Le vent de l’Ouest
L’accélère
La rendant dure et
Froide
 
Multiples connexions
Sur un monde
Qui se déchirent
Ni plus ni moins
Qu’auparavant
Mais souvent
Au travers de nos écrans si
Froid
 
Et malgré 
Une certaine bonne 
Volonté
Le choix de voir le 
Mieux 
J’ai parfois
Moi aussi si
Froid
 
Si froid de ne pas comprendre
De ne pas me faire comprendre
Si froid de désespérer du comportement suicidaire de l’humanité
De ma propre inaction
Si froid de contempler la bêtise
De contempler ma propre bêtise
 
 
J’ai si
Froid
 
Si
 
Froid

 

#12

L’homme titube 
Dans la rue
Une couronne d’épines
Sur sa tête 
Ensanglantées
 
Les restes de sa chemise
Ont du mal à cacher les
Lacérations dans son dos
Sur ses épaules une croix
Il vacille
 
Déjà apparaît 
A son flanc 
Une auréole rouge
Et sa respiration 
S’affaiblit
 
La rue est bondée
Mais nul ne fait rien
Nul n’ose même regarder
Je reste moi aussi
Caillou au milieu du ruisseau
Inerte
Détaillant 
Quasi indifférent 
Au retour du
 
Fils
Prodige

 

#18

Le plaisir du massacre 
Est un plaisir que je ne maîtrise pas
Je vais avoir du mal à m’insérer
À coup sûr dans 
La société
Ça je m’en rends compte
 
Pas de joie à tuer
Eviscérer
Faire péter des bombes
Plomber mon prochain
Lui insérer une 
Lame effilée
Au travers du corps
 
Pas d’extase à lui 
Imprimer la marque 
De mes chaussures
Alors qu’il est à terre
 
Pas de transe 
Non plus
À vanner mon prochain
L’écraser de ma supériorité
Supposée
Par mon humour douteux
Mon apparence 
Parfaite  
 
Non je ne suis qu’un être humain
Curieux et empathique
Horrifié par la cruauté
La non prise de conscience
Du miracle de la vie
Détruit par la dureté de 
L’Homme
Effaré par la l’idée qu’
Humanisme
Soit en train 
De devenir
 
Un
Gros
 
Mot

 

# 26

Froid ruban
Impersonnel
Déversant son flot
Quotidien
Inhumain mais si vivant
Mécanique presque 
Parfaite
Nuit terrifiante
Renforçant 
Le sentiment de vie
Autonome
Pulsation fluctuante
Au gré des besoins de l’
Animal
Courte journée d’hiver
Empêchant l’espoir
D’un autre monde
Où nous ne serions pas 
Les esclaves
de
ce
 
Péri-
phérique

 

#28

Il y a dans la
Beauté
Comme une espèce de
Promesse
Qui ne pourra pas être
Tenue

 Car 
Quelque soit
L’échelle de 
Temps
Cosmique
Géologique
Humaine
Toujours la
Beauté

Reste

 Éphé-

Mère

 
 
 

 

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